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Le Bénin 

Le commerce
extérieur béninois est en expansion constante depuis 1990 en terme de valeur des
échanges (à l'exception de l'année 2000).
Les 3 premiers trimestres de l'année 2001 se caractérisent par une tendance à la
baisse des exportations compensée par une forte progression des importations
liée notamment à la croissance du secteur du B.T.P., particulièrement notable
depuis le début de cette année.
De fait, le Bénin apparaît essentiellement comme un marché de transit où les
marchandises importées sont réexportées en majorité, dont une bonne partie de
manière informelle, vers les pays de la sous région.
Le Bénin est
un important carrefour commercial pour l'ensemble des pays de la sous région
(Togo, Niger, Burkina Faso et Nigeria), Cotonou abritant le plus grand marché
d'Afrique de l'Ouest (Dantokpa). On estime d'ailleurs qu'une grande partie des
importations béninoises sont réexportées, le plus souvent de façon informelle,
vers les pays voisins, notamment le Nigeria, dont la masse des échanges
bilatéraux (principalement les réexportations) ne cesse d'augmenter.
Sur les 9 premiers mois de l'année, les échanges du Bénin se sont élevés à 640 M
€, soit une augmentation de 8,5 % par rapport à l'année 2000 (sur la même
période). Cependant, la faiblesse du tissu industriel (14% du PIB), le peu de
produits d'exportation à valeur ajoutée, et l'importance des réexportations
entraînent un déficit chronique de la balance commerciale béninoise. Les
exportations se sont ainsi élevées à 170 M € tandis que les importations
atteignaient 470 M €, d'où une balance négative à hauteur de 31 M €.
A l'évidence, il est nécessaire de distinguer les importations destinées à la
seule consommation locale de celles directement réexportées vers la sous région.
De fait, dans certains secteurs de l'économie, tel que celui des véhicules
d'occasion par exemple, la part des véhicules en transit est largement
supérieure à celle des immatriculations locales, soit environ 85% d'engins
réexportés contre à peine 15% pour le marché intérieur.
Les
principales catégories de produits importés relèvent tout d'abord de
l'agro-alimentaire (tous produits confondus) avec plus de 90 M € (soit près de
20% du total des importations), puis du secteur énergétique et plus
particulièrement celui des hydrocarbures (81 M €).
Les biens d'équipement industriel, avec les engins mécaniques utilisés pour la
construction des axes routiers actuellement en chantier, représentent près de 40
M €, et le coton malien et burkinabé, importé puis réexporté via le Port
Autonome de Cotonou, entre en compte pour 30 M €.
Viennent ensuite les produits pharmaceutiques (29 M €) et les véhicules
automobiles (24 M €). Les importations de viande et abats congelés représentent
la part la plus importante du secteur agro-alimentaire avec plus de 27 M €,
contre seulement 14 M € pour les produits céréaliers et 11 M € pour les produits
laitiers.
S'agissant des exportations, elles se concentrent autour de trois principaux
types de marchandises. Ainsi, le coton (graines et fibres) représente encore
cette année, malgré la crise de la filière, 72% des ventes à l'export avec 120 M
€ sur les trois premiers trimestres, les autres plantes (noix de cajou et
karité) arrivant en seconde position avec 18 M € et, loin derrière, les métaux
précieux pour un montant d'environ 8 M €.
Il faut noter que les pays voisins utilisent le Bénin, faible producteur de
métaux précieux, comme plate-forme vers l'extérieur, ce dernier bénéficiant
d'une fiscalité beaucoup plus avantageuse à l'exportation pour ce type de
produits.
En ce qui concerne les réexportations, nous remarquons que les chiffres
disponibles (15 M € dont 2 M € à destination du Nigeria) nous paraissent
sous-estimés, sachant que le Bénin est une plate-forme d'entrée pour le Nigeria,
les transitaires de la place estimant même que 60 à 70% des importations du
Bénin repartent vers ce pays.
A l'horizon
2002, nous prévoyons un aggravement du déficit de la balance commerciale.
En effet, les recettes d'exportation devraient subir les répercussions de la
baisse des cours du coton, les besoins d'importation étant tirés vers le haut
par le développement des projets financés par les bailleurs de fonds, en
particulier par l'Union Européenne, dans le domaine des infrastructures
routières.
Parallèlement, la part de marché des exportations françaises au Bénin devrait
croître au cours des deux prochaines années (2002/2003) du fait de la
dénationalisation d'entreprises majeures, annoncée par les autorités, dans les
secteurs des télécommunications, de l'égrenage de coton, de l'eau et de
l'électricité qui engendreront des investissements importants (achats
d'équipements) des nouveaux repreneurs privés.
Le commerce extérieur béninois reste toutefois dépendant de l'évolution de
l'économie du Nigeria qui est aujourd'hui, en globalisant les flux formels et
informels, de loin le premier partenaire commercial du Bénin.
Sources : Mission économique de Cotonou (Bénin)
Si le Bénin
est fortement boisé (plus d'un tiers de la surface nationale) mais cela
n'empêche pas une production agricole fortement diversifiée.
En effet, les conditions agro climatiques variées du Bénin prédisposent le pays
à une agriculture diversifiée, tant sur le plan des cultures vivrières que sur
le plan des cultures d'exportation.
Le Bénin dispose de trois zones climatiques :
Le palmier à
huile était jusque dans les années 60 la principale culture d'exportation.
Elle a laissé sa place dans les années 80 au coton qui domine aujourd'hui les
cultures d'exportation (1999-2000 : 360 000 T / 369 000 ha, 300 000
exploitations environ).
D'autres produits comme le tabac (580 T / 930 ha) et l'arachide (99 000 T / 122
000 ha) ont également connu un déclin .
Sur les 5 dernières années, le coton représente en moyenne 85,5 % des
exportations agricoles et 78 % des exportations totales .
On constate néanmoins une tendance à la diversification des exportations
agricoles, favorisée par les projets de bailleurs de fonds (comme le PADSE de l'AFD),
tendance que vient renforcer la " nouvelle politique de développement rural "
(voir note " Politique de Développement Rural au Bénin").
Le Bénin veut proposer progressivement une gamme de production tournée vers
l'exportation mais également vers le marché local (en substitution
d'importations).
Il s'agit de production en plein renouveau comme le palmier à huile (surfaces
estimées actuelles : 330 000 ha), la noix de cajou (anacarde : production
actuelle estimée de 30000 T/an), et dans une moindre mesure le karité (17 000 T
d'amandes exportées et 7 000 T de beurre et d'huile), ou de cultures dites "à
promouvoir" comme le manioc, le maïs, les fruits et les produits maraîchers qui
sont largement autoconsommées.
Les céréales
sont largement dominées par le maïs qui représente 80 % de la production
céréalière (670 000 T / 595 000 ha).
Le sorgho vient ensuite avec 139 000 T / 168 000 ha (14 %), puis le riz (36 000
T / 17000 ha).
Le petit mil et le fonio totalisent 29 000 T / 395 000 ha pour le premier et 2
700 T / 1500 ha pour le second.
L'essentiel de la production céréalière provient du nord et du centre du pays.
Elle est essentiellement tournée vers la consommation locale, avec une exception
notoire pour le maïs, en tête des céréales pour l'approvisionnement des grandes
villes du sud et qui depuis quelques années fait figure de culture d'exportation
vers les marchés régionaux (vers le Nigeria en particulier).
Les
tubercules sont en constante progression : 34 % sur la période 1994-1998.
Le manioc et l'igname représentent 98 % de la production en tubercules.
Le manioc domine avec une production de 1 990 000 T / 189 000 ha (57 %) contre
une production de 1 580 000 T / 145 000 ha pour l'igname.
Les 2 % restant concernent la patate douce, le taro et la pomme de terre.
Les grandes régions de production en tubercules sont les régions centre et
centre - sud.
Les
oléagineux (hors trituration des graines de coton) sont largement dominés par le
palmier à huile.
Il faut distinguer les palmeraies dites naturelles peu productives (2 à 3 tonnes
à l'hectare pour une surface estimée à 250 000 ha), les plantations villageoises
à partir de plants sélectionnés (depuis les années 90 : 8 000 ha cumulés), et
les plantations industrielles (80 000 Tonnes pour les trois principales
coopératives) .
L'arachide représente une production de 99 000 T / 122 000 ha.
Outre
l'arachide, la culture des légumineuses et autres graines sont dominées par le
haricot (75 000 T / 113 000 ha).
Cette culture représente 76 % de la production en légumineuses.
Les 25 autres pour cent sont partagés entre le Voandzou (9 % : 9 950 T / 13 300
ha), le sésame (9 % : 9 300 T / 16 400 ha), le soja (1 995 T / 2800 ha) et le
pois d' angole (3500 T / 5 800 ha).
L'essentiel de ces productions est réservé à la consommation nationale.
Les
productions maraîchères ne suffisent pas au marché national et notamment urbain.
La production nationale tourne autour de 200 000 à 235 000 T par an .
La gamme des productions maraîchères est variée, notamment dans les zones
tournées vers le marché urbain.
Les principales cultures sont : les légumes feuilles, la tomate, le piment, le
gombo, l'oignon, le choux.
Les
productions fruitières sont dominées par l'ananas (45 000 T / 1 300 ha ), les
agrumes : oranges, limes, pomelos, mandarines, tangelos…, les bananes et
plantains.
Complémentaire des activités maraîchères, les productions de plantes aromatiques encore très marginales (basilic, menthe, thym, romarin, coriandre, marjolaine, persils,…) et de fleurs font actuellement l'objet d'une demande pour l'exportation.
Les dernières estimations corrigées établissent l'effectif du cheptel béninois comme suit (en nombre de têtes) :
Les 2
ex-départements du nord, l'Atacora et le Borgou cumulent prés de la moitié de
l'élevage bovin.
On note dans le sud (les trois ex-départements) une prépondérance des petits
ruminants du fait de l'omniprésence des espèces caprines et ovines dans les
exploitations agricoles.
L'élevage dit commercial (aviculture, aulacodiculture, cuniculture) se retrouve
essentiellement autour des grands centres urbains du pays.
L'élevage porcin, fortement touché par la peste porcine en 1997, est
actuellement en cours de relance.
On estime à
un peu moins de 4 000 le nombre total de pêcheurs qui se répartissent en environ
80 campements le long des 110 Km de cote que cumulent les 3 grands départements
du sud Bénin.
Cette pêche s'appuie sur des ressources halieutiques estimées à 29 000 tonnes
toutes espèces confondues.
La production est estimée à 9 000 tonnes dont 50% proviennent du département de
l'Atlantique .
Peu
développée avec seulement 9 chalutiers crevettiers et une production annuelle
d'environ 600 tonnes (8% de la production totale maritime).
Le potentiel
hydrologique est évalué à 33 000 ha de plans d'eaux saumâtres et 700 Km linéaire
de cours d'eau.
Au Nord il est représenté essentiellement par le fleuve Niger et les plans d'eau
des retenues collinaires et les barrages.
Au sud on distingue 2 zones :
Le réseau
hydrographique des écosystèmes humides du sud Bénin fournit annuellement environ
30 000 tonnes de poissons, crevettes, crabes et huître : 10% proviennent de la
pêche fluviale et 90 % de la pêche lagunaire.
L'exportation de certains de ces produits (crevettes de lagunes) est en cours de
montée en production.
Au total on estime la production nationale à 55 000 tonnes (y compris la
pisciculture).
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