Le Burkina Faso

Les artères de Ouagadougou , royaume des deux roues

BAISSE SENSIBLE DES EXPORTATIONS FRANÇAISES VERS LE FASO : 

Les exportations françaises à destination du Burkina Faso enregistrent pour l’année 2001 une baisse de 7,8% avec 129 millions d’Euro contre 140 millions en 2000, sur la quasi-totalité des secteurs : diminution de 7,7% des exportations de produits industriels qui représentent plus de 80% des exportations françaises vers le Burkina et de 8,2% des ventes françaises de produits agro-alimentaires.

En ce qui concerne les produits industriels, le secteur le plus touché est celui des équipements de télécommunications avec -60% (4,42 millions € en 2001 contre 10,68 millions en 2000). Les ventes françaises de matériel informatique se sont également contractées de 30% (6,13 millions € contre 8,72 millions en 2000), celles de motocycles et de véhicules automobiles ont respectivement baissé de 19% (5 millions € contre 6,2 millions en 2000) et de 14% (5,3 millions € contre 6,18 en 2000).

Le secteur des produits pharmaceutique, qui conserve sa première place avec 15% des exportations françaises, subit une légère contraction de 4% (19,36 millions € contre 20,27 en 2000).

Le matériel de distribution et de commande, les machines pour l’extraction minière et la construction marquent respectivement une hausse de 47% (de 2,92 millions € en 2000 à 4,3 millions en 2001) et de 69% (3,18 millions € en 2001 contre1,88 million en 2000).

Dans le domaine agroalimentaire, la chute du poste tabac manufacturé -77% (de 5,31 millions € en 2000 à 1,19 millions en 2001) n’est pas totalement compensée par la hausse des postes céréales et plantes industrielles +42% (de 2,12 millions € en 2000 à plus de 3 millions en 2001) et par les produits alimentaires divers +23% (de 3,66 millions en 2000 à 4,49 millions en 2001).

Les statistiques burkinabé indiquent que la part de marché de la France s’est ainsi contractée de 3 points de pourcentage sur les 9 premiers mois de l’année 2001 par rapport à la même période en 2000.

La diminution des exportations françaises s’inscrit dans la tendance à la baisse des importations burkinabé, en partie imputable au ralentissement de la croissance 2000 et à la mauvaise récolte de la campagne céréalière 2000/2001, qui a fortement pesé sur l’activité économique dans les premiers mois de 2001. Il est possible, toutefois, que la concurrence asiatique et américaine se ressente dans les secteurs des équipements de télécommunications, des biens informatiques et du tabac manufacturé.

 

CHUTE DES IMPORTATIONS FRANCAISES : 

Les importations de la France en provenance du Burkina Faso représentent 17 millions € en 2001, soit une baisse de 18,6% par rapport à l’année 2000.

L’essentiel des importations françaises en provenance du Burkina, presque 70% du panier, se compose des céréales 38% (6,54 millions € ), des produits maraîchers et horticoles 21% (3,55 millions €) et des métaux précieux 10% (1,71 million €), en particulier l’or.

Les achats français de céréales et de plantes industrielles ont augmenté de 19%, atteignant 6,55 millions € en 2000, tandis que les importations françaises de produits précieux ont chuté de 67% (conséquence de la forte baisse de la production d’or burkinabé) et celles de produits horticoles se sont contractées de 25%.

Ouagadougou, Capitale en chantier

LE SECTEUR DE L' ÉLEVAGE AU BURKINA FASO

L'élevage représente le second produit d'exportation du pays après le coton (19% des exportations représentant une valeur de 32,5 milliards de FCFA) compte non tenu de sa contribution dans la traction animale, le transport et la fumure organique. 

Bien qu'essentiellement traditionnel, l'élevage présente des opportunités importantes de développement dans le cadre des échanges régionaux.

En 2001, le cheptel était estimé à 4,8 millions de têtes de bovin, 15,8 millions d'ovins et caprins et 23 millions de volailles, avec un taux annuel d'accroissement estimé à 2% pour les bovins et 3% pour les ovins et caprins.

En 2000, le déficit pluviométrique s'est traduit par des ressources fourragères et hydropastorales inférieures d'un tiers à la moyenne dans 25 provinces sur 45. 

Pour éviter des baisses de production et des déplacements massifs du cheptel, le Gouvernement a mis en place en décembre 2000 un Plan d'Intervention pour la sauvegarde du bétail d'un coût de 580 millions FCFA dont 245 millions provenant de ressources nationales, le reste provenant de Taiwan.

 

Élevage : cheptel et exportations en milliers de têtes

Cheptel (*)

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

Bovins 

4346

4433

4522

4612

4704

4798

4894

Ovins/Caprins 

13 310

13 709

14 121

14 544

14 980 

15 430 

15 893

Volailles

19 340 

19 920 

20 518 

21 133 

21 767 

22 420 

23093

Exportations :

Bovins

148

150

147

134

132

174

221

Ovins/Caprins

249

247

278

343

301

372

440

Volailles

2500

1140

1140

1140

1140

1162

1186

(*) Sources : INSD


 

1 L' ÉLEVAGE PORCIN : 

C'est une activité traditionnelle dans certaines provinces du centre et de l'Ouest, pratiquée par les femmes, notamment en pays Bwa. 

Elle est conduite essentiellement sous forme extensive. 

Les porcs, de race locale très rustique, sont laissés en liberté et se nourrissent de déchets. Il s'agit le plus souvent d'un véritable élevage de cueillette avec des coûts de production symboliques procurant une très faible productivité.

Il existe cependant des élevages intensifs ou en voie d'intensification, dans les zones périurbaines de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, qui utilisent des animaux métissés à partir de races européennes comme la Large White. 

Dans tous les cas, les marges bénéficiaires sont modestes. Le prix élevé des intrants ne permet pas de rentabiliser pleinement les élevages intensifs.

Un marché prometteur :

Le principal mode de consommation du porc au Burkina Faso est le " porc au four " proposé par les grilleurs de rue. 

La transformation à des fins de boucherie ou de charcuterie reste peu développée et limitée aux boucheries spécialisées de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Il existe d'intéressantes potentialités à l'exportation, notamment à destination de la Côte d'Ivoire et du Bénin, qui subissent encore le contre-coup d'une épizootie de peste porcine.

Au Bénin une grande partie du cheptel a été abattue. Toutefois, les exportations à destination de Côte d'Ivoire sont actuellement limitées du fait des difficultés des éleveurs à satisfaire les exigences de qualités des transformateurs (poids carcasse, épaisseur de lard).

La filière s'organise :

Le secteur est en voie de structuration avec la mise en place d'organisations régionales dans les principales zones de production. 

La " Maison des Éleveurs de Porcs " a vu le jour dans la région de Bobo-Dioulasso en février 2001. Un an après, elle compte plus de 40 membres et a réalisé un certain nombre d'activités : voyage d'étude en Côte d'Ivoire, constitution d'un fonds de roulement de SAPI, achat de matériel d'insémination artificielle en semence fraîche, négociation sur les prix de vente des porcs améliorés (500 FCFA/kg vif, contre 350 précédemment), négociation en vue de la sécurisation d'une zone d'élevage pour ses membres, etc.

La création de cette organisation a eu un effet d'entraînement, d'autres associations similaires sont en voie de constitution dans le Kadiogo et dans la région de Koudougou ; l'objectif étant par la suite une union au niveau national.

  
 

2 L'ÉLEVAGE LAITIER :

L'économie laitière au Burkina Faso reste encore peu structurée, avec des statistiques fortement basées sur des estimations. 

La production, dont l'essentiel provient de l'élevage extensif traditionnel, est estimée à 166000 tonnes.

Un marché d'importation :

Pour faire face aux besoins, le pays procède à de conséquentes importations de lait et de produits laitiers (plus de 5000 tonnes importées en 2001).

Peu d'unités industrielles :

Au niveau de la transformation, il existe deux unités de taille " industrielle " : la laiterie Faso-Kossam de Bobo-Dioulasso (d'une capacité de 1000 litres) et la laiterie de Cissin, mise en place en 1999 à Ouagadougou. 

Les autres transformations sont le fait de mini- laiteries réparties sur l'ensemble du territoire, plus ou moins proches des centres de consommation. 

Parmi ces mini- laiteries, on peut distinguer celles d'initiatives privées créées par des entrepreneurs, et celles mises en oeuvre par des projets, confiées à des groupements d'éleveurs ou de femmes. Ces dernières, n'ayant pas été conçues sur la base d'une analyse économique, rencontrent des difficultés de gestion.

Le secteur reste marqué par un très faible degré d'organisation. 

A Bobo-Dioulasso, l'Union des Coopératives des Éleveurs et Producteurs rassemble 13 groupements d'éleveurs et collecte le lait pour l'approvisionnement de l'unité de Faso Kossam. 

Il existe également une association d'éleveurs " modernes " pratiquant l'insémination artificielle. 

A Ouagadougou, le secteur est nettement moins structuré.

  
 

3 L'AVICULTURE : 

Le système dominant numériquement est l'élevage traditionnel de la poule et de la pintade de race locale. 

Les pintades sont élevées pour la production d'œufs qui dure 3 à 4 mois pendant la saison des pluies alors que l'élevage des poules est voué à la production de poulets dits " bicyclette ".

Cet élevage traditionnel joue un rôle économique important comme sources de revenu pour les femmes et comme source de protéine dans l'alimentation ; il constitue donc une priorité affichée du Ministère des Ressources Animales. Il est également sources de devises.

Ce type d'élevage est caractérisé par une faible consommation en intrants mais également une forte mortalité. Le programme de développement des animaux, qui est chargé d'appuyer cette production, met l'accent sur la prophylaxie.

L'aviculture moderne se présente comme un secteur dynamique. Le nombre d'acteurs intervenants dans le secteur croît régulièrement. La filière s'organise autour d'une association (loi 10/92/ADP), la Maison de l'Aviculture, en place depuis janvier 1998. De 20 membres à sa création, la Maison est passée en 2002 à plus de 200 membres, regroupant ainsi plus de 90% des aviculteurs modernes en son sein.

La production d'œufs :  la quasi-totalité du marché

La production concerne essentiellement les oeufs de consommation.

Les poulets de chair restent, de par leur coût de production élevé, uniquement accessibles aux classes aisées de la population.

Dans l'association, les aviculteurs se répartissent entre trois collèges :

moins de 1000 poules : environ 170 éleveurs, soit plus de 85% des aviculteurs ; 
 
entre 1000 et 4000 poules : environ 20 éleveurs ; 
 
plus de 4000 poules : 9 éleveurs.

La production d'œufs avoisine 150 000 oeufs par jour sur l'ensemble du pays. 

Les producteurs sont principalement basés autour des centres urbains de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, mais des élevages commencent à apparaître autour des centres urbains secondaires (notamment à Banfora où sont situés une dizaine d'élevages). 

Les taux de ponte moyens varient entre 60 à 70% selon les élevages.

Le marché des poulets de chair : un approvisionnement difficile 

La production de poulets de chair, longtemps handicapée par le manque de disponibilité des poussins, est surtout concentrée autour de Ouagadougou. 

Les difficultés d'obtention des poussins entraînent en effet des retards de production et une irrégularité de l'approvisionnement du marché.

Les poussins, ponte ou chair, proviennent de France, de Côte d'Ivoire ou du Ghana. 

La filière belge a du être abandonnée suite à la disparition de la compagnie aérienne SABENA. 

Du fait de l'importance des volumes de transport exigés par la compagnie AIR FRANCE (19000 têtes minimums), il devient difficile d'importer à partir du territoire français.

Plusieurs opérateurs réfléchissent à la possibilité de mise en place d'un couvoir localement.

La production des aliments : des matières premières coûteuses 

L'aliment pour volailles est produit par :

deux unités industrielles (une publique et une privée) basées à Bobo-Dioulasso ; 
 
des producteurs qui produisent leur propre aliment et en revendent une partie ;
 
certaines fermes, notamment dans la région de Bobo-Dioulasso, où les matières premières sont moins coûteuses.

Le prix de vente au kilo, longtemps stable entre 155/160 FCFA selon les fabricants, a connu début 2002 une hausse liée à l'augmentation précoce du prix de certaines matières premières. 

Le maïs notamment, qui rentre pour plus de 50 % dans les formules alimentaires, atteint désormais le prix de 180 FCFA chez certains fabricants.

Les éléments chimiques entrants dans la composition de l'aliment ainsi que les produits vétérinaires et le matériel d'élevage peuvent être achetés auprès de la Maison de l'Aviculture.

Les formes les plus répandues sont l'élevage transhumant pratiqué par les pasteurs d'ethnie peuhle et l'élevage sédentaire pratiqué par d'anciens pasteurs ou par des agriculteurs. 

Ces derniers investissent dans des troupeaux dont ils confient le gardiennage à des bouviers peuhls. 

L'embouche, bovine ou ovine, est également répandue tant en zone rurale qu'en périphérie des villes.

 
 

4 L' ÉLEVAGE DES BOVINS ET DES PETITS RUMINANTS : 

Le marché du bétail et de la viande connaît d'importantes fluctuations saisonnières : 

les prix augmentent en saison des pluies, les éleveurs étant occupés par les travaux champêtres et ne vendent pas d'animaux ; 
 
les prix diminuent en saison sèche.

L'intégration de l'élevage sur les marchés est très faible pour différentes raisons : faible productivité, faible alphabétisation, faible circulation monétaire en milieu rural, insuffisance des voies de communication, manque d'organisation des acteurs et des marchés, mauvaise qualité du stockage, etc.

Les deux abattoirs frigorifiques (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso) sont vétustes et peu fonctionnels. Les conditions d'hygiène ne répondent pas aux normes sanitaires. 

La réhabilitation des installations de Ouagadougou a été initiée sur des financements de la République de Chine (Taipei), celle de Bobo-Dioulasso est prévue.

L'essentiel des abattages se fait au niveau des aires d'abattage, souvent à même le sol, au milieu des zones d'habitations. 

Les activités de transformation sont encore peu développées du fait des habitudes alimentaires de la population, qui ne favorisent pas la découpe de la viande selon des critères de qualité.

Les exportations vers les pays côtiers, après avoir connu une hausse spectaculaire après la dévaluation, se stabilisent autour de leur niveau de 1993, essentiellement en Côte d'Ivoire. 

L'exportation se fait essentiellement à partir d'animaux sur pieds et la viande ne représente qu'une part minime des exportations de produits animaux à partir du Burkina Faso.

Les perspectives d'exportations restent néanmoins intéressantes notamment en direction de la Côte d'Ivoire et du Ghana, qui sont les deux principaux acquéreurs d'animaux burkinabè.

 
 

5 LES CUIRS ET LES PEAUX : 

La majorité des peaux subissent un pré-traitement avant d'être envoyées sur l'Espagne, la France et l'Italie. 

Il existe cependant quelques opérateurs individuels exportant des cuirs et peaux bruts. 

Le secteur est entièrement privé depuis la privatisation de la société Burkinabé des cuirs et Peaux (SBPC) et de la société Burkinabé de Manufacture de Cuir (SBMC) et leur rachat par le groupe TAN-ALIZ, qui contrôle l'essentiel du secteur. 

Ce circuit connaît moins de difficultés à l'exportation, sauf celles liées à la qualité (mauvais habillage des peaux, traces liées au marquage ou au parasitisme, etc).

 

Agence de la B E C E A O de Ouagadougou

6 LA POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR : 

Bien que constituant, avec l'agriculture, un des fondements de l'économie burkinabé, l'élevage a relativement bénéficié de peu d'investissements (1,5% des ressources publiques consacrées au développement). 

C'est notamment pour remédier à cette situation que le Ministère délégué chargé de l'élevage a été érigé en Ministère de plein exercice en 1997, Ministère des Ressources Animales (MRA), et qu'une nouvelle politique d'élevage a vu le jour.

Un plan d'Action et de Programme d'Investissement du secteur Élevage a été élaboré par ce Ministère et a été adopté en novembre 2000. 

Il vise à préserver l'élevage traditionnel comme facteur d'équilibre en matière de gestion des ressources naturelles et à accroître sa productivité pour contribuer à l'amélioration des revenus des éleveurs. 

Il vise également à encourager et intensifier le développement d'un élevage moderne hautement productif.

Pour ce faire, il définit sept axes d'intervention :

amélioration de la gestion des ressources et valorisation des zones à vocation pastorales ; 
 
amélioration de l'alimentation et de l'abreuvement ; 
 
amélioration de la productivité des animaux ; 
 
amélioration de la santé animale ; 
 
amélioration de la compétitivité et de l'accès aux marchés des produits animaux ;
 
appui à l'organisation des éleveurs ;
 
adaptation des fonctions d'appui.

Dix programmes prioritaires proposent des pistes de mise en oeuvre opérationnelle de ces axes de stratégiques : 

développement de l'élevage traditionnel et valorisation des zones pastorales ;
 
développement de l'aviculture villageoise ; 
 
lutte contre les trypanosomiases animales ;
 
lutte contre les épizooties et veille sanitaire ; 
 
privatisation des professions de vétérinaire et de zootechnicien ; 
 
amélioration de la productivité animale ; 
 
professionnalisation de l'élevage et soutien au secteur privé ;
 
appui à l'alimentation et à l'hydraulique pastorale ;
 
appui à la filière du lait.

 
 

Source : Mission économique du Burkina Faso, Juillet 2002
 

 

LE MARCHE BURKINABE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS

1 LE SECTEUR DE LA TÉLÉPHONIE :

Resté en sommeil en 1999, l'ouverture du marché burkinabé des télécommunications se voit relancée en ce début d'année, avec la privatisation partielle de l'ONATEL et la possibilité pour trois opérateurs GSM étrangers de développer des activités au Burkina Faso. 

Les autorités burkinabé prévoient de mener à terme cette libéralisation pour la fin de l'année 2002.

Ratifiée par l'assemblée Nationale le 16 décembre 1998, la privatisation partielle de l'ONATEL s'inscrit dans le cadre de la réflexion conduite par le ministère chargé de la Communication tendant à une restructuration du secteur des télécommunications, avec comme objectifs principaux :

développer le service public des télécommunications ; 
 
promouvoir le développement des services et réduire leur coût pour une meilleure compétitivité de l'économie nationale ; 
 
promouvoir le développement des industries des télécom.

L'opérateur burkinabè des télécommunications: 

L'Office National des Télécommunications (ONATEL), est une des entreprises étatiques les plus performantes au plan national. 

Elle bénéficie d'une bonne réputation dans la sous-région en raison de la qualité du réseau fixe national.

La société a réalisé en 2001 un chiffre d'affaires d'environ 41 milliards de FCFA, et prévoit un CA compris entre 43 et 45 milliards en 2002. 

Son budget d'investissement pour 2001 s'est élevé à 12 milliards de FCFA. 

Il est financé sur ressources extérieures BOAD, BEI, AFD pour 40%, et sur ressources internes pour le solde.

Régulièrement confrontée à des difficultés de recouvrement de créances sur l'Etat et ses démembrements, la société rencontre des problèmes conjoncturels de trésorerie. 

Par ailleurs, la libéralisation des opérations GSM au Burkina Faso pourrait se traduire par des secousses financières. 

D'une manière générale, la société dispose néanmoins d'une bonne assise financière et de la confiance des banques locales.

Les fournisseurs : 

Les principaux fournisseurs de l'ONATEL sont des sociétés françaises:

ALCATEL, GEKA pour les réseaux de commutation ; 
 
TRT et SAT pour les réseaux de transmission.

L'Américain GTE et l'Allemand SIEMENS sont également présents, ayant remporté respectivement le réseau de téléphonie mobile GSM de Ouagadougou (équipement Matra Nortel 900) et l'extension de cette couverture GSM sur les principales villes secondaires du pays.

 
 

2 LE PARC "ABONNES" : 

Le nombre des abonnés en téléphonie fixe de l'Onatel est aujourd'hui estimé à environ 55.000, pour 30.000 abonnés au cellulaire TELMOB (filiale GSM de l'opérateur national). 

On peut raisonnablement estimer que le marché burkinabé du cellulaire peut " peser ", à terme, 150 000 abonnés.

Les sociétés TELECEL et CELTEL comptabilisent aux environs de 60 000 abonnés au téléphone portable.

La libéralisation des opérations GSM Parallèlement, pour l'établissement et l'exploitation de 2 réseaux de téléphonie mobile de type GSM, le Conseil des Ministres du 18 mai 2000 a retenu les offres suivantes:

Mobile System International Cellular Inversement Holding BV (MSI-CI), CELTEL, pour un montant de 10,6 millions de USD, 
 
TELECEL INTERNATIONAL, pour un montant de 8 millions de USD.

L'attribution de ces deux licences GSM autorise les bénéficiaires à établir et exploiter sur le territoire national, pour une durée de 10 ans renouvelable, des réseaux de téléphonie mobile cellulaire de type GSM 900. 

Ces derniers peuvent fournir des services à valeur ajoutée, des services d'équipements terminaux et auxiliaires ainsi que des services de téléphonie au moyen de télécentres et de cabines téléphoniques.

Techniquement prêts à la fin de l'année 2000, conformément au cahier des charges qui leur avait été assigné par le gouvernement, les opérateurs GSM TELECEL et CELTEL (MSI) ont rencontrés d'importantes difficultés à obtenir des autorités la connexion effective au nœud national (Ouaga 1, Ouaga 2, Bobo-Dioulasso, les villes secondaires et l'international). 

Cette connexion est finalement en service depuis le 26 avril 2001. 

 
 

3 OUVERTURE DE CAPITAL DU FOURNISSEUR ÉTATIQUE : 

Adoptée par le Conseil des Ministres du 24/06/98, la privatisation partielle de l'ONATEL prévoit l'ouverture de 54% de son capital par cession d'action, l'Etat conservant une minorité de blocage de 34%. 

Le personnel de la société devrait obtenir 10%. 

Le partenaire stratégique étranger obtiendrait 34% du capital. 

Le solde reviendrait aux privés nationaux.

L'audit de l'ONATEL est en cours. 

Le consortium PRICEWATERHOUSE/ROTHSCHILD/Cie LANDWELL ainsi que La Banque Internationale du Burkina a été sélectionnée en qualité de conseil du gouvernement sur l'opération, devant SG, BNP-PARIBAS et HSBC. 

Il bénéficie d'un contrat de 11 mois, et aura en charge la définition d'une stratégie de privatisation et l'identification de repreneurs potentiels. 

L'appel d'offres international pour l'ouverture du capital de l'opérateur historique devrait être lancé dans le courant du mois de décembre 2002.

Retenons que le secteur des télécommunications burkinabé offre à court comme à moyen terme des débouchés significatifs, tant pour l'accompagnement de la privatisation partielle que pour le développement des réseaux GSM. 

En effet, l'Onatel envisage des extensions de centraux et de mise à niveau dans la téléphonie cellulaire sur une période de trois ans, pour un montant annuel de 5,6 milliards de F CFA en 2002 (8,5 M€), 6,5 milliards en 2003 (9,9 M€) et 5 milliards en 2004 (7,6 M€).

 

Source : Mission économique du Burkina Faso
 

ÉVOLUTION DU BTP AU BURKINA FASO

1 LA BRANCHE BÂTIMENT : 

Le secteur du bâtiment et des travaux publics contribue pour plus de 13% du PIB et a connu un taux de croissance en augmentation chaque année de 1992 à 1996, pour se stabiliser ensuite. 

Cette dynamique a favorisé la création de nombreuses PME/PMI, créant de ce fait de nombreux emplois. 

Plus de 40% des transactions commerciales du pays avec l'extérieur concernent les produits du bâtiment et des travaux publics (matériaux de construction, génie civil, matériels de chantier, etc).

Le secteur de l'habitat et de l'urbanisme est conduit selon un partenariat entre l'Etat qui définit la politique nationale et le privé qui en assure l'exécution. 

Afin de faciliter l'accès à l'habitat à un nombre croissant de burkinabè, les autorités ont mis en place des projets tels que :

la SOCOGIB (Société Commerciale de Gestion Immobilière du Burkina), 
 
le projet LOCOMAT chargé de la promotion des matériaux à travers un appui aux PME. Il les assiste également dans la réalisation en matériaux locaux d'édifices publics, tels que les marchés dans les provinces, et autres réalisations sociales dans les communes, · 
 
le projet jeunes-villes-emplois,
 
le projet d'appui aux collectivités locales
 
le projet Ouaga 2000 et le Fonds de l'habitat.

Le projet Ouaga 2000 est sans conteste le plus important et vise à mettre à la disposition des populations des parcelles viabilisées. 

Ainsi entre 1992 et 1998, 6500 parcelles ont été dégagées.

L'industrie du bâtiment, en effet, est peu développée au Burkina. 

Le marché est occupé par de petits tâcherons privés et le banco reste le matériau roi dans le bâtiment.

Le coût du ciment est élevé, la cimenterie locale avait cessé toute activité. 

Elle vient d'être reprise par le Groupe indien WACEM.

Restée longtemps tributaire de l'importation de matières premières, la filière s'intéresse de plus en plus à l'utilisation de matériaux locaux qui permettent de minimiser les coûts à la construction.

D'une façon naturelle le Burkina Faso dispose d'un potentiel certain de matériaux locaux à travers notamment des gisements :

de calcaire pouvant servir à la production de ciment, de plâtre, de carreaux ; 
 
de marbre, de granit
 
de différents types de pierres pouvant servir pour la construction, les revêtements et autres.

La filière " carrière et matériaux de construction " comprend des activités d'extraction et de transformation de substances minérales mettant à la disposition des consommateurs des matériaux adaptés pour :

la construction, l'empierrement et les travaux de viabilité (infrastructures routières, barrages, ouvrages d'art...) ; 
 
l'industrie céramique et chimique.

Il existe très peu d'unités industrielles ou semi-industrielles spécialisées dans la transformation et la valorisation de matériaux locaux. 

Cependant on note que de nombreuses PME mettent sur le marché de plus en plus de produits variés tels que : des briques en terre stabilisée, des tuiles en mortier vibré, et de peintures.

L'économie d'énergie et l'utilisation des matériaux locaux ont conduit à l'adoption du procédé SBF (Stabilisation des Briques à Froid), technologie qui existe depuis bientôt 13 ans, mais depuis peu au Burkina.

Cette technique (l'extrusion) permet d'obtenir des produits de formes variées (briques creuses, claustras, hourdis, etc...). 

Le faible pourcentage de ciment, la suppression du four et du séchoir, offrent un rapport qualité/prix des plus avantageux. 

Elle réduit entre autres les importations des produits pétroliers et, indirectement, protège l'environnement par la non-utilisation du bois.

La SOCOGIB (Société de construction et de Gestion immobilière du Burkina, site web:
http://www.socogib.bf ), intégré dans le programme de privatisation national, a pour activité principale la construction de maisons individuelles. 

En moyenne 1000 logements sociaux par an ont été construits à l'attention des fonctionnaires de l'Etat, à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou. 

Le programme de 2002 représente la construction de 613 logements à Ouagadougou, ainsi que des travaux de viabilisation de parcelles : 21 à Ouagadougou et 10 à Bobo-Dioulasso. 

Depuis peu la SOCOGIB propose, par le biais de sa briqueterie des matériaux de construction fabriqués par le procédé SBF. 

C'est en collaboration avec OCIR, filiale du groupe français OCCIDENTAL INDUSTRIES, que la SOCOGIB a installé cette nouvelle usine.

 
 

2 LA BRANCHE TRAVAUX PUBLICS :

Un vaste programme routier engagé depuis 1992 se poursuit avec l'aide des bailleurs de fonds internationaux et un regain d'activité est notable sur ce secteur. 

Un total de 708 MF est en cours de réalisation

Les projets à venir sur l'année 2002 sont les suivants :

Plan routier national :


 

  • Projet 1 : 600 km de réhabilitation de routes bitumées en 5 tronçons

Lot 1- RN 01 : Boromo - Bobo Dioulasso (169, 1 km) 13 M Euros 
Lot 2- RN 02 : Ouagadougou - Yako (100,3 km) 4 M Euros 
Lot 3- RN 04 : Ouagadougou - Koupela (131 km) 5 M Euros 
Lot 4- RN 04 : Koupela - Piega (140,8 km) 6 M Euros 
Lot 5- RN 14 : Sakoinse - Koudougou (42,6 km) 4,8 M euros 
Financement : 8ème FED 
Lancement de l'appel d'offre : en cours 
Montants estimés : 33 M Euros


 


 

  • Projet 2 : 1000 km de réhabilitation de routes en terre

Financement : 8ème FED 
Lancement de l'appel d'offre : 2002/2003 
Montant estimé : 36 M Euros


 


 

  • Projet 3 : réhabilitation et entretien des routes

Segments Yako - Ouyag ,  Pièga - Niger , Koupéla - Bitou
Financement : 8ème FED 
Lancement des appels d'offres : fin année 2002 
Montant estimé : 31,2 M Euros


 


 

  • Projet 4 : Projet de réhabilitation de la route de Bobo - Dédougou

Financement : Fonds arabes et Burkina Faso 
Lancement de l'appel d'offre : Mars 2002

 

Plan routier régional :


 

  • Projet : construction de la route Ouagadougou - Léo - Frontière du Ghana

Financement partiel : Fonds de L'OPEP (15,2 M Euros) 
Lancement de l'appel d'offre : contrat attribué



Le 9ème FED qui n'est pas encore ratifié serait estimé entre 60 et 100 milliards de francs CFA.

On constate la présence des grands groupes français de BTP qui se positionnent sur ces AOI. 

On note toutefois une concurrence accrue du fait de la mise en place de l'UEMOA. 

En effet, certaines entreprises de la zone font des offres de prix jusqu'à -25% par rapport aux entreprises françaises implantées au Burkina Faso.

Deux autres chantiers sont d'actualité à ouaga 2000 :

le complexe hôtelier (à proximité du Centre de Conférences Internationales) financé par la Lybian Arab African Investment Co, est en cours d'attribution. Son coût représente 10 et 15 milliards de F CFA ; 
 
une salle omnisports de 3000 places est en cours d'étude. Son coût est évalué à 20 milliards de F CFA, sur financement de Taiwan.

 
 

3 LES CRAINTES DU SECTEUR : 

Outre l'étroitesse des marchés cités, la loi de finance 2000 connaît des difficultés quant à son application; ces difficultés ont une incidence notable sur le secteur BTP qui sous-traite très fréquemment la main d'œuvre, encourageant par-là le secteur informel.

On note aussi une vive concurrence des produits et matériaux en provenance d'Asie, du Golfe et d'Italie.

 
 

Source : Mission économique du Burkina Faso
 

 

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