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Commencée
dès 1951, la recherche pétrolière au Cameroun a débouché en 1977
sur l'exploitation d'un pétrole de bonne qualité. Créée en 1980 la
Société Nationale des Hydrocarbures eu pour objectif de promouvoir
la mise en valeur des hydrocarbures et gérer les intérêts de
l'Etat dans ce domaine.
Les principaux gisements situés dans le bassin du Rio Del Rey,
Lokelé et Moudi (antérieurement Victoria) sont exploités par Elf
Serepca (filiale de Elf Aquitaine France) et Pecten (filiale de
Shell), en association avec l'Etat camerounais, par le biais de la
SNH. Afin de traiter le brut extrait, la raffinerie de la SONARA
(Société National de Raffinage) est entrée en opération en mai
1981, avec une capacité de production d'environ 2 millions de
tonnes par an (mais reste sous-utilisée). La SONARA ne traiterait
aujourd'hui, en fait, qu'un million de tonnes, soit 50% de sa
capacité.
Le pétrole a joué jusqu'en 1986, date de l'effondrement des prix
pétroliers, un rôle majeur dans le développement du Cameroun. A
partir de 1986, parallèlement à la chute des cours, la production
a baissé en raison de l'épuisement progressif des gisements
exploités. Elle est passée de plus de 9 millions de tonnes en
1985/1986 à moins de 6 millions en 1993, pour se stabiliser
aujourd'hui autour de 5 millions de tonnes.
Depuis 1994, l'Etat a pris des mesures en faveur de
l'exploration et l'exploitation des champs pétroliers marginaux,
afin de relancer la production. Les sociétés pétrolières ont réagi
positivement à l'octroi de nouveaux permis d'exploration offshore,
et accru leurs investissements.
La tendance à la baisse de la production depuis le sommet
atteint en 1986 (175.000 barils/jour) n'est cependant pas enrayée,
mais la baisse est moindre que celle anticipée il y a quelques
années. La production actuelle est de 112 000 barils/jour.
Depuis le début de l'exploitation pétrolière au Cameroun, plus
de 80 % de cette production est exportée. La baisse de la
production a entraîné une diminution des exportations de brut en
volume compensée, à l'heure actuelle par les cours du baril.
Ainsi, si en 1984/1985, le pétrole représentait 21% du PIB, 66%
des exportations et 48% des recettes du Gouvernement, les chiffres
pour 1998/1999 confirment que la part de ce secteur ne s'élève
plus qu'à 5,2 % du PIB et 32 % des exportations et 15,5 des
recettes de l'état.
Face à cette nouvelle situation, la SNH a relancé en 1990
l'exploration de "champs marginaux" à travers la refonte totale de
la fiscalité pétrolière avec les firmes étrangères et le lancement
d'appels d'offres pour 13 nouveaux blocs pétrolifères. A long
terme, elle envisage des études à Garoua, Logone, Birni et dans
les zones vierges de Koum, Mamfé et de la Dja.
Par ailleurs, des permis de prospection ont été accordés à Exxon
dans la zone sahélienne du Logone Birni et au groupement Phillips
Petroleum Cameroon et Pétrofina dans la zone maritime des bassins
de Douala et Kribi Campo.
Cependant, la plupart des permis offerts par le gouvernement en
1990 n'ont pas encore trouvé preneurs.
Le gaz naturel est, de son côté, encore inexploité alors que
globalement les réserves prouvées et probables, localisées dans
les régions de Rio Del Rey et de Kribi, s'élèvent respectivement à
73 et 36 milliards de m3. L'exploitation de ces gisements est
reportée pour des raisons de rentabilité et de débouchés.
Dans le domaine du raffinage, la production de la SONARA a connu
une nette reprise. Cette embellie s'explique notamment par la
diminution des importations illicites, conséquence de la non
convertibilité du F CFA hors zone et de la baisse de la production
nigériane.
La libéralisation des activités dans le secteur pétrolier s'est
traduite également par la suppression du monopole de fourniture de
brut de la SNH à la SONARA ce qui devrait entraîner une baisse des
prix des carburants sur le marché intérieur et une meilleure
compétitivité du pétrole raffiné au Cameroun sur le marché
mondial.
En juin 2000, la Banque Mondiale donnait son accord de
financement du projet de développement des champs de Doba au Tchad
et de transport du brut par oléoduc de Doba à Kribi. Il s'agit du
plus important projet actuel en Afrique par son montant : 3,7 Mds
USD. Côté camerounais, la construction de l'oléoduc de 1050 km
d'un coût de 1,3 Mds USD et son exploitation sont confiées à la
société COTCO, formée des membres du consortium exploitant (Exxon,
Chevron, Petronas) et des participations des états camerounais et
tchadien.
Les bénéfices liés au projet pour le Cameroun sont
principalement des revenus liés à la construction de l'oléoduc et
du terminal maritime : 500 millions USD, et l'activité économique
créée indirectement : 400 millions USD soit au total 900 millions
USD, (soit 5,4 Mds FRF).
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