Le Cameroun

 

ÉCONOMIE SECTORIELLE

 

 

LE MARCHE DES VINS ET SPIRITUEUX
 

 Présentation générale

 
La gamme des boissons alcoolisées importées au Cameroun est assez diversifiée (bières, vins, mousseux, liqueurs, alcool éthylique, whiskies, etc... ). Cependant, les vins conditionnés en bouteilles de moins de deux litres représentent la principale importation de boissons alcoolisées (de l'ordre de plus de 55% de la valeur totale des importations et près de 70% du volume).

 
La demande

 
Pays en voie de développement, le Cameroun est un pays à revenu intermédiaire avec une population majoritairement rurale (75% des actifs travaillent dans le secteur primaire). En raison du faible pouvoir d'achat des consommateurs (le salaire moyen généralement constaté est de l'ordre de 350 FRF) et de la structure de la population (près de 50% des habitants ont moins de 15 ans), le marché des vins et spiritueux est très restreint et ne concerne qu'une partie limitée de la population (population expatriée ou camerounaise aisée : hommes d'affaires, hommes politiques, etc... ).
Les Camerounais ont tendance à préférer les vins rouges, les vins blancs (importés en faibles quantités) constituent un marché de " niche " réservé aux expatriés. La demande relative aux vins de cépage reste faible. De manière générale, le vin ne fait pas partie des habitudes de consommation de la majorité de la population camerounaise, qui lui préfère en toute occasion la bière produite localement. Il convient de signaler que la publicité, au profit des vins et spiritueux, commence à faire son apparition au Cameroun sous forme d'affichage urbain. L'objectif de ces campagnes publicitaires, réalisées à l'initiative des distributeurs, est de promouvoir des produits d'entrée de gamme, tels que les vins espagnols et sud-africains.
Concernant le conditionnement et la présentation des vins de table référencés dans les différents points de vente, leur importance peut paraître relative pour les consommateurs puisque le bidon en plastique, ou la " brique en carton ", est courant au Cameroun.


 
L'offre

 
L'offre est principalement déterminée par les importations. On recense cependant trois producteurs locaux qui fabriquent des vins bas de gamme à partir de moûts importés d'Espagne notamment.
Les chiffres calculés par les douanes camerounaises ne sont pas représentatifs de la réalité en raison des sous - déclarations systématiques en douane et de la " complaisance " de ses agents mais elles reflètent néanmoins l'importance respective de chacun des pays qui exportent à destination du Cameroun :


 


Sources : Douanes camerounaises 99/00

 

  Hectolitres 1000 FRF Variations en %
  1999 2000 1999 2000 Volumes Valeurs
mousseux
2 128 2574 23 818 30340 20,96% 27,38%
             
VQPRD
 
5 307 5957 14 960 18261 12,25% 22,13%
dont blancs
301 455 659 1144 51,16% 73,86%
Dont rouges/roses
5 006 5502 14 301 17117 9,91% 19,75%
             
autres vins <= 15°
4 639 5235 5 006 5917 12,85% 18,32%
dont blancs
 
345 265 484 243 -23,19% -49,79%
Dont rouges/roses
4 294 4970 4 522 5674 15,74% 25,61%
             
vins >= 15°
38 1228 118 1381 3130% 1070%
             
total vins
12 114 14994 43 902 55899 23,77% 27,36%
             
Vermouth et ABV
245 72 254 309 -70,61% 21,65%
             
spiritueux
4 236 4631 33 395 25540 9,32% -23,17%
             
total général
18 790 19697 77 551 81748 4.83% 5,64%



De source française, les exportations de vins et spiritueux vers le Cameroun ont progressé de 5.64% en valeur en 2000. Les vins ont augmenté dans des proportions plus importantes (+27,36%). L'augmentation des volumes de vin exportés, suivant la même tendance que celle observée pour les valeurs, s'avère toutefois moins importante (+23,8%) indiquant ainsi une hausse des prix des produits français importés au Cameroun. Il convient également de noter la forte baisse des exportations de spiritueux, puisque ce poste, qui représentait 43% des exportations en 1999, a chuté de 23,17% et ne contribue plus désormais qu'à 31,2% des exportations.
Globalement, le Cameroun est le 31ème acheteur de vins, le 24ème de mousseux et le 34ème de spiritueux .


 

Perspectives

 
La notoriété indiscutable des vins français associée à une présence acquise de ces derniers sur le marché camerounais depuis plusieurs années assurent aux produits français une place stratégique dans l'assortiment des commerces camerounais.
Toutefois, la récente introduction des vins espagnols, sud-africains et américains, dont le prix de vente est jugé plus abordable (Les vins espagnols sont en moyenne 15% moins chers que les vins français) et la qualité jugée bonne, risque de s'avérer néfaste pour les exportations françaises. Ainsi, au regard des tendances déjà observables au niveau des assortiments des magasins, les vins de table en provenance des trois pays précités, qui répondent aux attentes des consommateurs qui veulent trouver des produits meilleur marché voire bas de gamme et dont la notoriété ne cesse de croître grâce à des campagnes de communication agressives, devraient s'octroyer dans les prochaines années une part croissante des linéaire

 

Douala Capitale Économique du Cameroun

TEXTILE HABILLEMENT
 

Introduction
Un marché caractérisé par une production locale qui tente de résister aux importations.

  Le marché du textile et de l'habillement au Cameroun est caractérisé par des importations massives de tissus (pagnes), friperie et prêt à porter qui échappent à tout contrôle, mais que l'on peut estimer à 50 % de la consommation globale et une production locale de tissus à pagnes exclusivement.

 
Le marché des tissus
Seul secteur où subsiste une réelle production locale.

  La production locale
  Elle est estimée à moins de 300 millions de FRF par an. La CICAM (filiale de DMC), le plus important complexe textile de la région et NEW KING qui produisent (filature, tissage, blanchiments, teinture et impressions sur tissus) des " pagnes " ont vu leur chiffre d'affaires diminuer sensiblement ces derniers mois en raison d'importations frauduleuses de pagnes en provenance du Nigeria, du Bénin et de l'Asie du Sud Est.

  Le importations
  Les importations déclarées de tissus au Cameroun, évaluées à 360.000 ff se sont contractées d'environ 50 % au cours des dernières années sous la pression des importations massives de friperie qui représentent maintenant 40 % du chiffre d'affaires de l'industrie textile nationale. Les tissus " européens " qui sont proposés, dans quelques boutiques ayant pignon sur rue sont pour la plupart rapportés par les commerçants, par coupons (à des prix inférieurs à 30 ff le mètre), (dans leurs valises) lors de leurs voyages en Europe.

  La seule société camerounaise " La Toile d'Avion " (ex-filiale de Boussac) qui importe légalement et vend des produits de qualité correcte à bas prix a vu également ses ventes chuter de plus de moitié ces dernières années.
  Tous ces tissus entrés en fraude sont commercialisés dans des boutiques relevant du secteur " informel " et par des vendeurs à la " sauvette ". cf annexe1.


 
Le marché de l'habillement
Prédominance de la friperie

  Le prêt à porter
Il est quasi inexistant, seuls quelques créateurs de mode camerounais essaient " d'émerger ", mais leur succès reste limité. La plupart des " tailleurs " camerounais ont fermé leurs portes, frappés par l'arrivée massive du prêt à porter d'occasion.
  En effet, la réglementation en matière de " friperie " a porté un coup dur aux boutiques d'habillement aux importateurs de prêt à porter. Les camerounais ne se pressant plus pour acheter un costume en boutique, à un prix très élevé, qu'ils peuvent trouver " aux puces " de quoi s'habiller à 8.000 fcfa.
  D'autre part une partie limitée de la population (population étrangère ou camerounaise aisée) fait ses achats (hors taxes) lors de ses déplacements à l'étranger.

  La friperie
Le faible pouvoir d'achat du consommateur moyen camerounais (25.000 fcfa environ/mois) amène ce dernier à se tourner vers le marché du vêtement d'occasion qui lui permet de s'habiller à peu de frais.
  La friperie en constante augmentation au Cameroun depuis l'arrêté du Ministère du Développement Industriel et Commercial qui autorise son importation et son commerce est particulièrement bien organisé. Les importations déclarées s'élèvent à 120 millions de FRF en moyenne par an. La Belgique à elle seule représente la moitié de la valeur des importations de ces produits. Les importations sont déclarées en douane à un prix pratiquement identique : 6 ff le kilo (droits de douane : 55,81 %) cf annexe II.


 
Conclusion
Cette situation a pour effet l'asphyxie de l'industrie camerounaise du textile, avec ses effets d'entraînement sur le reste de l'économie ; la disparition de l'industrie de la confection - habillement et de l'artisanat conduit au repli de l'industrie textile manufacturière sur le seul produit qui ne se confectionne pas : le pagne où le marché est très concurrentiel et un appauvrissement culturel de la population qui s'habille de plus en plus à l'occidentale, au détriment des vêtements purement africains.
 

L' aéroport de Douala

LE MARCHE DES ENGINS DE TRAVAUX PUBLICS

 Aperçu général

 
Les ventes de véhicules à usages spéciaux se sont élevées en 1995/96 à 37 millions de FF, pour 159 véhicules vendus. Les importations de ce type de matériel sont en hausse de 736 % en valeur et de 511% en volume comparé à l'exercice précédent en 1995/96. Toutefois, ces chiffres émanent de la direction des douanes camerounaises, et compte tenu de la fraude constatée dans ce service, notamment en matière de valorisation des importations, ils sont dans la réalité probablement supérieurs.

  Le principal distributeur de matériel de manutention et de TP présent au Cameroun, est la société SHO - TRACTAFRIC, qui propose une gamme complète de matériel allant du chariot élévateur au bulldozer. TRACTAFRIC est par ailleurs concessionnaire exclusif des constructeurs
CATERPILLAR, MERCEDES-BENZ, HYSTER et MANITOU.


 
Perspectives d'avenir
 
Le projet d'oléoduc pétrolier entre le Tchad et le Cameroun, long de plus de 1000 km, constitue un marché potentiel pour les engins de manutention en général. Ce chantier représente pour les entreprises françaises, une opportunité d'affaire en matière de sous-traitance.
 

 

LA FILIERE DU SUCRE

Présentation générale
 
Le marché du sucre a longtemps été dominé par deux grandes sociétés, la SOSUCAM (Société Sucrière du Cameroun) et la CAMSUCO (Cameroon Sugar Company). Ruinée par une gestion désastreuse, cette dernière a progressivement cessé ses activités, jusqu'à un arrêt complet de la production au milieu des années 1990.

  La SOSUCAM a été jugée adjudicataire de la CAMSUCO en décembre 1998.   L'ensemble, détenu majoritairement par le groupe français Vilgrain, possède donc le quasi-monopole de la culture de la canne à sucre au Cameroun, sachant que SOMDIAA (Groupe Vilgrain) est également l'actionnaire majoritaire de NOSUCA, la principale agglomérerie du pays.


 
La production
Le Cameroun produit environ 80 000 tonnes de sucre, dont 54 000 par la SOSUCAM. Les plantations de cannes à sucre se situent principalement dans la région de M'Bandjock, à une centaine de kilomètres au nord-est de Yaoundé, où la SOSUCAM rêve de bâtir une " Vallée du Sucre " entre M'Bandjock et Nkoteng, en réhabilitant le site de l'ancienne CAMSUCO (16 000 hectares cultivables, en friche depuis plus de six ans).

  L'ensemble SOSUCAM-CAMSUCO s'est lancé dans un vaste programme d'investissements, afin que sa production atteigne 120 000 tonnes à l'horizon 2004. Le Cameroun pourrait alors exporter son excédent de sucre vers la sous-région, notamment vers le Tchad qui importe aujourd'hui près de 20 000 tonnes de sucre par an.

  Le tableau ci-dessous récapitule la situation antérieure à la fusion de décembre 1998, et expose les objectifs de production du nouveau groupe consolidé :


 
  Production, en tonnes Surface, en ha
  Avant la fusion Objectifs pour 2004 1999
SOSUCAM
54 000   7 700
ex-CAMSUCO
35 000 120 000 16 000
       
TOTAL
79 000 455 23 700




  Sur le plan agricole, la SOSUCAM obtient des rendements de l'ordre de 65 à 70 TC/ha, qui devraient encore s'améliorer.

 

Variétés exploitées :
Variété
Répartition en %
B 46 364
65
B 70 532
24
Autres barbades
5,5
Nco 376
2,5
Co 443
2
Co 997
1



  La récolte est effectuée intégralement à la main au cours de campagnes qui durent environ 200 jours. Le parc de tracteurs vient d'être complètement rénové, ainsi que la quasi-totalité des chargeuses de cannes. Le parc de matériel roulant ou non est parfaitement entretenu et peut ainsi être utilisé pendant huit à neuf mois par an.

  Le processus de production de l'usine de M'Bandjock est probablement le mieux maîtrisé. Les pertes à l'extraction sont minimes - entre 2,35 et 2,50% - et l'extension réalisée en 1996 a permis d'accroître la production à 50 000 tonnes de sucre pour un broyage de 500 000 tonnes de cannes par an.
  La SOSUCAM employait, en 1997, 1794 agents (dont 1641 ouvriers agricoles et 8 expatriés). La production de la SOSUCAM est entièrement destinée au marché local, bien que quelques exportations conjoncturelles aient pu être effectuées par le passé (en direction des pays limitrophes notamment).
  Un quart de la production sucrière est vendue à des clients industriels, et trois quarts à des grossistes et détaillants.


 

La demande
La demande nationale en sucre, évaluée à 110 000 tonnes, n'est pas entièrement couverte par la production locale. Le Cameroun importe donc environ 34 000 tonnes de sucre par an, pour un coût de 8,1 milliards de FCFA en 1997-1998.

  Les produits sucriers proviennent principalement de France, de Belgique et de l'Union Européenne, qui vendent surtout du sucre raffiné. Ils subissent la concurrence des produits importés frauduleusement du Nigeria par la frontière très poreuse qui sépare les deux pays.
  La concurrence infligée à la production locale par les importations est d'autant plus grande que les produits importés principalement de France sont plus variés, et fabriqués sur une plus grande échelle à des coûts de production inférieurs. Le ministère des Finances a, pour cette raison, décidé de taxer fortement les produits importés, en augmentant les prix de référence pour protéger le développement local des entreprises sucrières.

  Cette mesure devrait être appliquée jusqu'en 2001 au moins, date à laquelle le Cameroun sera contraint, s'il ne veut pas subir de sanctions économiques, à suivre les règles fixées par l'Organisation Mondiale du Commerce.

  Origine géographique des principaux produits sucriers importés :


 



  Différents produits sucriers importés par le Cameroun en 1998 :

 

Description Quantité,
en kg
 
%Q Valeur,
en FCFA
 
%V
Graines de betteraves à sucre à ensemencer
54 0,0 186 864 0,0
Cannes à sucre
340 0,0 256 500 0,0
Sucre de canne ou de betterave ou coloré
29 284 0,1 21 601 463 0,3
Sucre raffiné de canne ou de betterave
34 035 494 99,0 8 183 076 878 97,9
Autres sucres du n° 17.01
218 826 0,6 59 607 299 0,7
Sucre et sirop d'érable
316 0,0 257 833 0,0
Autres sucres du n° 17.02
81 752 0,2 89 840 345 1,1
         
TOTAL
34 366 066 100,0 83 54 827 182 100,0


 

Perspectives
Il Le prix de revient du sucre est tout à fait compétitif par rapport aux sucreries d'Europe; il est, selon les organismes financiers internationaux, le plus avantageux d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale.

   Malgré la chute considérable du prix du sucre au cours des premiers mois de 1999, les perspectives du secteur pour le Cameroun sont plutôt favorables ; il est ainsi possible qu'il continue de se développer dans les prochaines années, tout particulièrement grâce aux investissements consentis par le Groupe Vilgrain.

 

 

LE SECTEUR PETROLIER

Aperçu général
Commencée dès 1951, la recherche pétrolière au Cameroun a débouché en 1977 sur l'exploitation d'un pétrole de bonne qualité. Créée en 1980 la Société Nationale des Hydrocarbures eu pour objectif de promouvoir la mise en valeur des hydrocarbures et gérer les intérêts de l'Etat dans ce domaine.

  Les principaux gisements situés dans le bassin du Rio Del Rey, Lokelé et Moudi (antérieurement Victoria) sont exploités par Elf Serepca (filiale de Elf Aquitaine France) et Pecten (filiale de Shell), en association avec l'Etat camerounais, par le biais de la SNH. Afin de traiter le brut extrait, la raffinerie de la SONARA (Société National de Raffinage) est entrée en opération en mai 1981, avec une capacité de production d'environ 2 millions de tonnes par an (mais reste sous-utilisée). La SONARA ne traiterait aujourd'hui, en fait, qu'un million de tonnes, soit 50% de sa capacité.

  Le pétrole a joué jusqu'en 1986, date de l'effondrement des prix pétroliers, un rôle majeur dans le développement du Cameroun. A partir de 1986, parallèlement à la chute des cours, la production a baissé en raison de l'épuisement progressif des gisements exploités. Elle est passée de plus de 9 millions de tonnes en 1985/1986 à moins de 6 millions en 1993, pour se stabiliser aujourd'hui autour de 5 millions de tonnes.

  Depuis 1994, l'Etat a pris des mesures en faveur de l'exploration et l'exploitation des champs pétroliers marginaux, afin de relancer la production. Les sociétés pétrolières ont réagi positivement à l'octroi de nouveaux permis d'exploration offshore, et accru leurs investissements.

  La tendance à la baisse de la production depuis le sommet atteint en 1986 (175.000 barils/jour) n'est cependant pas enrayée, mais la baisse est moindre que celle anticipée il y a quelques années. La production actuelle est de 112 000 barils/jour.

  Depuis le début de l'exploitation pétrolière au Cameroun, plus de 80 % de cette production est exportée. La baisse de la production a entraîné une diminution des exportations de brut en volume compensée, à l'heure actuelle par les cours du baril.

  Ainsi, si en 1984/1985, le pétrole représentait 21% du PIB, 66% des exportations et 48% des recettes du Gouvernement, les chiffres pour 1998/1999 confirment que la part de ce secteur ne s'élève plus qu'à 5,2 % du PIB et 32 % des exportations et 15,5 des recettes de l'état.

  Face à cette nouvelle situation, la SNH a relancé en 1990 l'exploration de "champs marginaux" à travers la refonte totale de la fiscalité pétrolière avec les firmes étrangères et le lancement d'appels d'offres pour 13 nouveaux blocs pétrolifères. A long terme, elle envisage des études à Garoua, Logone, Birni et dans les zones vierges de Koum, Mamfé et de la Dja.

  Par ailleurs, des permis de prospection ont été accordés à Exxon dans la zone sahélienne du Logone Birni et au groupement Phillips Petroleum Cameroon et Pétrofina dans la zone maritime des bassins de Douala et Kribi Campo.

  Cependant, la plupart des permis offerts par le gouvernement en 1990 n'ont pas encore trouvé preneurs.

  Le gaz naturel est, de son côté, encore inexploité alors que globalement les réserves prouvées et probables, localisées dans les régions de Rio Del Rey et de Kribi, s'élèvent respectivement à 73 et 36 milliards de m3. L'exploitation de ces gisements est reportée pour des raisons de rentabilité et de débouchés.

  Dans le domaine du raffinage, la production de la SONARA a connu une nette reprise. Cette embellie s'explique notamment par la diminution des importations illicites, conséquence de la non convertibilité du F CFA hors zone et de la baisse de la production nigériane.

  La libéralisation des activités dans le secteur pétrolier s'est traduite également par la suppression du monopole de fourniture de brut de la SNH à la SONARA ce qui devrait entraîner une baisse des prix des carburants sur le marché intérieur et une meilleure compétitivité du pétrole raffiné au Cameroun sur le marché mondial.

  En juin 2000, la Banque Mondiale donnait son accord de financement du projet de développement des champs de Doba au Tchad et de transport du brut par oléoduc de Doba à Kribi. Il s'agit du plus important projet actuel en Afrique par son montant : 3,7 Mds USD. Côté camerounais, la construction de l'oléoduc de 1050 km d'un coût de 1,3 Mds USD et son exploitation sont confiées à la société COTCO, formée des membres du consortium exploitant (Exxon, Chevron, Petronas) et des participations des états camerounais et tchadien.

  Les bénéfices liés au projet pour le Cameroun sont principalement des revenus liés à la construction de l'oléoduc et du terminal maritime : 500 millions USD, et l'activité économique créée indirectement : 400 millions USD soit au total 900 millions USD, (soit 5,4 Mds FRF).

 

 

 

LE MARCHE DES PARFUMS, COSMETIQUES ET SOINS CAPILLAIRES.

 La demande
Le secteur des produits cosmétiques et parfums au Cameroun est un secteur en augmentation ces dernières années, les Camerounaises sont réputées être très " coquettes ". Les produits d'importation bénéficient de cette tendance et le segment plus particulier des produits capillaires d'importation est lui aussi en hausse (+14% en valeur en 1999 et +29% en 1998).

  Les produits d'esthétiques haut de gamme s'adressent d'abord à une frange réduite de la population (le revenu moyen généralement constaté s'établit aux alentours des 350 FRF/mois), c'est-à-dire à la communauté expatriée, aux hommes d'affaires, hauts fonctionnaires. S'agissant de produits spécifiquement dédiés aux cheveux frisés et crépus, ceux-ci s'adressent presque exclusivement à une clientèle camerounaise. Dans le cas où les produits seraient ciblés trop haut de gamme, le risque est que cette clientèle aisée, reporte ses achats à l'étranger (France, Italie, Etats-Unis, etc.), où elle a souvent l'occasion de se rendre. De ce fait, une partie des achats se font principalement dans les duty-free lors de vols internationaux.


 
L'offre

 
En ce qui concerne les produits étrangers, les tableaux ci-après fournissent le détail des Importations camerounaises enregistrées de parfums et cosmétiques :

 
 
1997-1998
1998-1999
1999-2000
Désignation
Valeur en FRF
Valeur en FRF
Valeur en FRF
Parfum/eaux toilette
France
328 014
60%
354.861
76%
235.180
50%
Maquillage à lèvres
France
12 695
76%
50.818
90%
35.257
76 %
Maquillages à yeux
France
16 939
89%
58.764
51%
17.142
52%
Poudres de beauté
France
108 261
57%
83.891
73%
194.305
81%
Autres produits de beauté / maquillages / ongles
France
2 083 430

44%
1.982.167

60%
5.260277

43%

    Sources : douanes Camerounaises
 

 

Importations camerounaises de shampooings et soins capillaires,
   toutes origines confondues en 1998/1999


 

 
1998-1999
1999-2000
Désignation
Valeur en FRF
Valeur en FRF
Shampooings
France
479.877
69 %
490.400
+ 73 %
Préparations pour l'ondulation
ou le défrisage permanents
France
203.485
77 %
318.258
76 %
Autres préparations capillaires
France
175.072
54 %
108.763
+ 61 %

    Sources : douanes Camerounaises

 

Il existe au Cameroun une faible production locale de ces produits, le plus souvent de médiocre qualité, ainsi que des importations illégales en provenance du Nigeria (surtout dans les zones frontalières anglophones).

 
L'accès au marché
 


 
Les réseaux de distribution de produits cosmétiques sont organisés comme suit :


 

Il existe tout d'abord une multitude de petites échoppes qualifiées alternativement de
" Institut de beauté / Esthéticienne ", " Parfumerie " ou " Coiffeur " qui exercent une activité analogue, mêlant bien souvent esthétique et cosmétique.
Cette économie, le plus souvent informelle, témoigne d'une certaine vigueur et vise plutôt une clientèle populaire. Par ailleurs, il peut se révéler difficile d'identifier les intervenants dans ces circuits de distribution.

 
Ensuite, de grandes quincailleries généralistes assurent la diffusion de certains produits cosmétiques. Les produits sont un peu mieux mis en valeur même si d'autres produits moins haut de gamme y sont également vendus.
Enfin, le secteur de la grande et moyenne distribution (GMS) est naissant au Cameroun (6 magasins pour l'instant, uniquement à Douala et Yaoundé). Celui-ci s'adresse directement à la clientèle la plus aisée du pays, mais réalise une grande partie de ses achats, via des centrales d'achats localisées en europe.

 
En conséquence, les débouchés qu'offre le Cameroun dans le domaine des cosmétiques concernent principalement les produits bas de gamme dont le marché en volume et en valeur est excessivement difficile à évaluer.

 

S'agissant des produits français, c'est-à-dire haut de gamme, le marché est beaucoup
plus restreint et les taxes appliquées à l'importation de ces produits sont particulièrement élevées.
(le total des droits de douane ad valorem atteint 82,85%).

    Le TEC (Tarif Extérieur Commun en vigueur dans tous les pays de la zone CEMAC,
Communauté des Etats d'Afrique Centrale qui comprend le Cameroun, le Gabon, le Congo,
la Guinée Equatoriale, le Tchad et la République Centrafricaine) :
    en % de la valeur CIF

    > La TVA : 18,7% de la valeur CIF.
    > Le droit d'accise : en % de la valeur CIF
    > La taxe informatique
      (pour financer les services informatiques du Département des Douanes):
      1,5% de la valeur CIF.
    > La taxe municipale : en FCFA par quintal.
    > La taxe de débarquement : 0,3% de la valeur CIF.
    > La taxe d'inspection SGS : 0,95% de la valeur FOB
       avec un minimum de perception de 55.000 F CFA par opération.

Taxes à l'importation

Désignation
TEC
TVA
ACC
INFO
MUN
TOTAL
Parfums et eaux de toilette
30%
17%
 
25%
1,5%
1%
82,85%
Maquillages pour les lèvres
30%
17%
25%
1,5%
1%
82,85%
Maquillages pour les yeux
30%
17%
25%
1,5%
1%
82,85%
Poudres de beauté
30%
17%
25%
1,5%
1%
82,85%
Autres produits de beauté ou de maquillage
30%
17%
25%
1,5%
1%
82,85%
Shampooings
30%
18,7%
25%
1,5%
30 F
-
Préparations pour l'ondulation ou le défrisage permanent
30%
18,7%
25%
1,5%
30 F
-
 
Laques pour cheveux
30%
18,7%
25%
1,5%
30 F
-
Autres préparations capillaires
30%
18,7%
25%
1,5%
30 F
-
Pour toute importation d'un montant FOB (Franco à Bord) supérieur à 2 millions de FCFA (20.000 FRF) l'importateur doit remplir une déclaration d'importation et se soumettre au contrôle pré-embarquement et post-débarquement portant sur la qualité, la quantité, et le prix. La Société Générale de Surveillance (SGS) qui est chargée de ce contrôle, émet une attestation de vérification.
Dans le cas des produits haut de gamme, la contrefaçon est particulièrement fréquente au Cameroun. Aussi et à toutes fins utiles, les coordonnées de l'Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle sont les suivantes :
OAPI - BP 887 - Yaoundé - Tél. : (237) 20 39 11 - Fax : (237) 20 18 44./.

 

Le Parc à Bois du Port de Douala

LE MARCHE DES CORPS GRAS ALIMENTAIRES

Présentation générale
Dans la lutte des pays en développement contre la famine, les corps gras occupent une place essentielle en raison de leur contribution dans l'alimentation des populations. Le Cameroun a consacré très tôt d'importants investissements dans la culture du palmier à huile à travers des sociétés parapubliques de premier plan (Socapalm et CDC en cours de privatisation, Ferme Suisse, Pamol...).

  Le marché des corps gras alimentaires est composé au Cameroun de plusieurs unités de production d'huile végétale, d'huile de table et produits dérivés importés tels que la margarine. Réparties dans toute la zone ouest camerounaise, les sociétés huilières associent des partenaires techniques et financiers européens. Les conditions climatiques et la qualité du sol, assez favorables à la culture du palmier à huile, font que l'huile de palme représente environ 85 % de la production totale d'huile. Le reste comprend l'huile d'arachide, l'huile de coton et l'huile de palmiste.

  Les capacités de raffinage et de fractionnement sont très faibles en ce qui concerne l'huile de palme (10% de la production industrielle). C'est pourquoi 13 % des huiles importées, en provenance d'Europe et de Malaisie via le Nigeria, sont raffinées.

 
La demande
La demande locale est très forte. Jusqu'à une période récente, l'offre d'huile de palme couvrait la demande intérieure camerounaise. L'irrégularité des approvisionnements des huileries en régimes de palmiers, l'apparition de savonneries et usines cosmétiques conjuguée à l'augmentation de la demande de la population font apparaître un déficit annuel d'environ 30 000 t qui risque de s'aggraver dans les années à venir.

  Cette forte demande en huile est confirmée par les importations qui se sont élevées à 4 591 tonnes en 1997-98 contre 2 808 tonnes sur l'exercice précédent. Les revenus, les habitudes alimentaires et l'offre font que la demande est différente selon les régions du pays. Toute la partie ouest du Cameroun se caractérise par une forte utilisation d'huile de palme brute. L'huile rouge (huile de palme non raffinée) est jugée indispensable à préparation de certains plats ce qui confirme le caractère traditionnel de son utilisation. Au nord du pays, du fait des habitudes alimentaires et de la présence de la SODECOTON, les huiles raffinées et dans une moindre mesure, l'huile de coton, sont consommées régulièrement.

  En milieu urbain, la consommation d'huile de table et de margarine est plus prononcée. Le pain garni de margarine étant en effet le produit le plus consommé en grignotage par l'ensemble de la population camerounaise. La margarine se consomme aussi au petit déjeuner, et son utilisation s'étend jusque dans les pâtisseries. Dans les foyers, l'huile de table est utilisée comme substitut à la margarine ou au beurre.

  Le beurre de table est distribué uniquement dans les grandes villes où réside une population aisée. Un élargissement de la clientèle s'opère progressivement vers la classe moyenne.

  A noter que les importations représentent un peu moins de le la moitié des produits réellement importés, le reste passant en contrebande par le Nigeria.



 
Importations de beurre
et de margarine
 
Quantités en t
Valeurs en FRF
Pays-Bas
2 077
13 773 549
France
375
4 674 385
Belgique
181
1 036 684
Côte-d'Ivoire
145
1 063 119
Total
2 778
20 547 737
Importations
d'huiles de tables et
de graisses végétales
Quantités en t
Valeurs en FRF
Côte-d'Ivoire
2 354
927 3113
Gabon
1 506
5 159 591
Belgique
395
2 071 839
France
232
1 776 887
Reste du monde
104
925 074
Total
4 591
19 206 504

    Sources : douanes camerounaises.
 

L'offre
Au Cameroun, les corps gras alimentaires produits sont :


   > l'huile de palme brute et raffinée,
   > l'huile de palmiste,
   > l'huile de cotone brute et raffinée,

 
Il existe six plantations principales et de raffinage, qui produisent environ 150 000 tonnes d'huile par an, quantité dont l'insuffisance donne lieu à des spéculations saisonnières.



 


 

  En ce qui concerne l'huile de palme, l'ensemble des plantations industrielles représentent 101 500 hectares. Depuis quelques années, la production du secteur est relativement stable, autour de 107 000 t d'huile de palme par an.
L'offre satisfait à peine la demande à cause de la faible productivité due à des plantations vieillissantes et à des pénuries occasionnées par une mauvaise gestion de la distribution.


 

Perspectives

 
Le développement des ressources locales constituant un enjeu important, le Gouvernement du Cameroun a demandé l'appui des bailleurs de fonds pour l'assister dans la formulation d'une stratégie d'ensemble de relance de la filière palmier à huile au Cameroun. D'autre part, en vue du redressement de la production, une opération de mise en place de pépinières, financée par l'Union Européenne et l'AFVP (Association Française des Volontaires du Progrès) est actuellement en cours d'exécution dans le pays.
Compte tenu des investissements nécessaires, pour le renouvellement des plantations vieillissantes (dont l'âge moyen est de 18 ans), pour l'extension des terres cultivées et la modernisation des unités de transformation, l'Etat a opté pour la privatisation de certaines sociétés de plantation d'huile de palme.

  C'est ainsi que la SOCAPALM a été vendue au groupe PALMCAM-COGEFAR constitué majoritairement de capitaux camerounais, l'Etat conservant 10% du capital. L'entreprise prévoit un programme de replantations jusqu'en 2013, au rythme de 1000 hectares par an. Les propositions pour la reprise de la CDC (Cameroon Development Corporation), société d'Etat qui produit de la banane, du thé, de l'hévéa, du palmier à huile,...) sont en cours d'évaluation.

 

LE MARCHE DU BLE ET DU RIZ.

 Présentation
Globalement, le pays n'assure plus son autosuffisance alimentaire, et le nord du pays dépend même parfois du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies en période de sécheresse. Le taux d'autosuffisance pour les céréales est passé de 97% entre 1961/63 à 88% entre 1971 et 1973, 84% entre 1981 et 1983 et seulement 59% pour la période 1988/90.

 
  Le Riz

L'UNVDA et la SEMRY sont deux organismes étatiques en déliquescence qui encadrent la production de riz paddy dans la Haute Vallée du Noun. A noter également qu'un projet de riziculture est actuellement en cours dans la région de Lagdo (nord Cameroun).

La Société de Développement de la Haute Vallée du Noun (Upper Nun Valley Development Authority, UNVDA), a été créée par décret n°78/157 du 11 mai 1978. L'entreprise couvre, dans la province du Nord-Ouest, les plaines inondables du Noun, soit 3 000 ha. Son rôle est de créer les conditions favorables à la riziculture, et d'encadrer la production de 6 000 planteurs. La UNVDA dispose d'une usine d'une capacité de 7000 t de riz paddy / an. Cette capacité n'a jamais été exploitée à plein. En 1996-97, seules 1286 tonnes de paddy ont été usinées.

La Société d'Expansion et de Modernisation de la Riziculture de Yagoua a été créée en 1971 pour assurer la sécurité alimentaire des populations de la région

La culture du riz est essentiellement manuelle et est effectuée par les nombreux paysans qu'encadrent ces deux structures. Depuis, quelques années est apparue une culture attelée animale qui reste très minoritaire.

Depuis la dévaluation de 1994, le riz produit localement est devenu plus compétitif que les importations. En 1996, le produit local revenait à 300 FCFA / kg, soit 65 FCFA de moins que le riz étranger. Cependant, la dévaluation et la libéralisation des activités rizicoles ne se sont pas traduites par un ralentissement des importations de riz au bénéfice de la production nationale en raison, entre autres, des contraintes liées à l'outil de production délabré. De fait, on constate un accroissement du prix du riz et un appauvrissement de la qualité dans un contexte général de perte de pouvoir d'achat, ce qui a eu un impact négatif sur la sécurité alimentaire du Cameroun.

 
  Le Blé

Le blé consommé au Cameroun est importé en totalité.


 
Importations camerounaises de riz et froment pour l'exercice 1998/99

 
Code
douanier
Désignation
Origine
Poids en Kg
Valeur
en F CFA
10.01.10.00
Froment
Nigéria
1 410
100 000
10.01.10.00
Froment de semence
Chine
60
56 095
10.01.10.00
Froment de semence
Grande-Bretagne
70
644 689
10.01.10.90
Autres froments
Canada
32 800 000
4 452 159 898
10.01.10.90
Autres froments
France
36 419 486
4 700 318 107
10.01.10.90
Autres froments
Liban
986
846 281
10.01.10.90
Autres