

AGRO ALIMENTAIRE

La Côte d'Ivoire est, sans
conteste, le premier producteur mondial de cacao avec une part de marché de plus
de 40% d'un total qui oscille entre 2,5 et 3 millions de tonnes par an en
moyenne.
Elle devance le Ghana, le Brésil, l'Indonésie, la Malaisie, le Nigeria et le
Cameroun, autres producteurs significatifs, l'Afrique s'appropriant généralement
de 60 à 70% de la production mondiale selon les années.
En 1993, un accord entre producteurs et consommateurs a créé l'Organisation
Internationale du Cacao / ICCO, dont le siège vient d'être transféré de Londres
à Abidjan.
Cet organisme publie chaque jour le cours officiel de la tonne de cacao qui est
la moyenne des cours à terme du cacao en fèves pour les trois mois actifs les
plus rapprochés sur le marché du LIFFE (London International Financial Futures
Exchange) et à la Bourse du café, du sucre et du cacao de New-York (CSCE) et qui
est exprimé en DTS la tonne.
La culture du cacao représente de l'ordre de 15% du Produit Intérieur Brut
ivoirien et fait vivre directement 700 000 planteurs soit une population de 4
millions de personnes.
Le cacao en fèves, c'est-à-dire non transformé, est la première source de
devises de la Côte d'Ivoire avec un peu moins de 30%, en moyenne, du total des
exportations ivoiriennes.
Les seuls Droits Unique de Sortie / DUS qui s'appliquent à l'exportation du
cacao (220 000 Fcfa/kg en 2002) ont représenté 21% des recettes fiscales de
l'Etat ivoirien en 2002.
Sous la
pression de la Banque Mondiale, la Côte d'Ivoire a entamé en 1999 un processus
de libéralisation de la filière répondant à l'objectif d'instaurer des règles de
compétitivité loyale et effective entre les différents acteurs du secteur.
Après avoir longtemps tergiversé sur la stratégie à adopter pour faire évoluer
la filière, les autorités actuelles ont finalement mis en place de nouvelles
structures dont l'Autorité de Régulation du Café et du Cacao / ARCC et la Bourse
du Café et du Cacao / BCC.
Sans remettre en cause la libéralisation de la filière, leur objectif avoué est
de revenir à un système stabilisé avec un prix minimum garanti aux producteurs
et un encadrement des exportateurs/transformateurs locaux.
Opérationnelles depuis la campagne 2001/2002, ces structures ont pu profiter de
cours internationaux très élevés pour mieux se faire accepter par les planteurs
en fixant un prix minimum garanti attractif bien que largement dépassé par les
prix payés " bord-champ ".
Par ailleurs, a été activée ou réactivée toute une kyrielle de taxes fiscales et
parafiscales pour les différents organes de la filière et de fonds d'épargne et
de soutien des prix pour les producteurs, sans oublier les Droits Uniques de
Sortie (DUS cf supra) et les taxes d'enregistrement pour l'Etat.
A ce jour, des progrès restent à accomplir en matière de transparence dans
l'utilisation de l'ensemble des fonds d'épargne collectée soit, à titre
indicatif, 77,6 milliards de Fcfa au seul titre des 4 premiers mois de la
campagne 2002/2003.
Achats : sur
la base des déclarations d'achats de cacao en fèves fournies par les 48
exportateurs agréés, le niveau global des achats s'est situé à 1.264.707 tonnes
au terme de la 52e semaine pour 2001/2002 soit + 4,31% par rapport à la campagne
précédente.
Prix " bord -champ " : le prix moyen au producteur, enregistré dans les six
régions de production a plus que doublé par rapport à 2000/2001 (639 Fcfa/kg de
fèves contre 333).
Prix cacao entrée usine : moyenne nationale sur la campagne de 768 Fcfa/kg
Évolution de la moyenne semestrielle des prix internationaux sur 7 ans :

Au
niveau financier : les redevances et taxes pour cette campagne qui chevauche
deux exercices fiscaux se sont élevées à 350,5 milliards de Fcfa dont 209,6 au
titre du Droit Unique de Sortie (DUS) et 29,2 pour ce qui est de la Taxe
d'enregistrement.
L'annuité budgétaire suppose une comptabilisation quelque peu différente pour
les recettes de l'Etat.
Malgré 5
mois de crise, les résultats de la récolte principale ivoirienne de fèves de
cacao Octobre 2002-Janvier 2003 sont bons en quantité comme en qualité.
Le niveau cumulé des contrats enregistrés d'achat de cacao aux producteurs
ivoiriens sur cette période s'élève à près de 922 000 tonnes contre 917 000
tonnes sur la même période l'an dernier soit un accroissement non significatif
de 0,47%.
Sur cette période, le prix
moyen " bord -champ " aux planteurs s'établit à 752 Fcfa/kg contre 566 lors de
la campagne principale précédente.
Dès lors, le revenu brut que les producteurs ont tiré de la commercialisation du
cacao sur ce quadrimestre est estimé à près de 679 milliards de Fcfa contre 533
en 2001/2002 soit une hausse de 27,24%.
Au niveau export, le volume des tonnages traités à la fin janvier 2003 s'élève à
près de 662 000 tonnes contre 694 000 tonnes sur cette même période l'an
dernier.
Or, le prix moyen CAF d'enregistrement à fin janvier étant de 48,78% supérieur à
celui de la campagne 2001/2002, la Côte d'Ivoire génère ainsi un surplus de
recettes à l'exportation tout à fait sensible de 260 milliards de Fcfa ou 400
millions d'€ environ.
Seule inconnue, mais de taille, les planteurs seront-ils approvisionnés en
intrants (engrais, pesticides …) pour la prochaine campagne ?
La localisation en zone de confrontation d'une partie de la région cacaoyère et
l'insécurité en matière de transport routier ne laissent pas d'inquiéter.
LE COTON
Le coton
graine récolté et commercialisé va produire après égrenage environ 43% de fibre,
54% de graines et 3% de déchets.
Déduction faite des semences pour la prochaine campagne, les opérations de
décorticage, trituration et raffinage de ces graines permettront d'en extraire
quatre constituants : environ 50% de coques et de linter, 17% d'huile et 33% de
tourteaux.
Ces ratios appliqués à la région dont la production a été de 2,4 millions de
tonnes de coton graine en 2001/2002, on mesure l'importance économique et aussi
nutritionnelle de la production cotonnière en Afrique francophone.
La Côte
d'Ivoire a devancé en 2001/2002 tous ses concurrents de la sous région profitant
de la mauvaise récolte au Mali.
En règle générale, c'est-à-dire hors troubles internes comme ceux que connaît
actuellement le pays, le Bénin et la Côte d'Ivoire se dispute le 2ème rang en
Afrique sub-saharienne devant le Burkina Faso.
Ce secteur emploie, essentiellement dans le nord du pays, entre 150 et 180 000
planteurs pour une surface moyenne des exploitations de 1,8 ha.
Le rendement à l'hectare y est l'un des meilleurs au monde malgré l'absence de
toute mécanisation, culture et récolte étant exclusivement manuelles.
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Campagne 98/99 |
Campagne 99/00 |
Campagne 00/01 |
Campagne 01-févr |
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| Surface (ha) | 249 629 | 291 000 | 248 111 | 284 676 |
| Production en T | 337 097 | 398 723 | 280 565 | 370 079 |
| Rendement T/ha | 1380 | 1 370 | 1 131 | 1 300 |
Parmi les produits bruts
qui restent les premiers postes d'exportation du pays, le coton a contribué en
2001 pour 3% du total des exportations ivoiriennes soit 91,8 milliards Fcfa ou
140 millions d'€.
Sous la pression de la Banque Mondiale, la Côte d'Ivoire a entamé en 1999 un processus de libéralisation de la filière répondant à l'objectif d'instaurer des règles de compétitivité loyale et effective entre les différents acteurs du secteur.
La crise
ivoirienne est un facteur de fortes perturbations dans l'économie cotonnière
locale mais aussi dans celle de toute la région.
La campagne qui s'annonçait particulièrement prometteuse en Côte d'Ivoire en
quantité comme en qualité souffre, de par la localisation de la production dans
le nord du pays, d'énormes difficultés d'écoulement vers les usines d'égrenage
d'abord, puis vers les ports d'exportation.
Il serait pourtant prématuré de considérer l'année comme nulle.
Les circuits se réorganisent.
Les professionnels espèrent toujours pouvoir traiter 80% de la production de
coton graine et exporter 150 000 tonnes de fibres.
Le surplus serait stocké pour la prochaine campagne.
Les toute prochaines semaines seront décisives en la matière.
Malheureusement, c'est plus pour la campagne 2003/2004 que les répercussions de
cette crise risquent d'être sérieuses.
Le départ d'une partie de la main d'œuvre, un approvisionnement déficient en
intrants et un entretien des unités de production insuffisant seront difficiles
et longs à surmonter.
Sur la scène régionale, la fermeture des frontières ivoiriennes avec le Mali et
le Burkina Faso obligent ces 2 pays à exporter leur production par les autres
accès maritimes de la région ce qui renchérit largement les prix du transport et
le rend aléatoire.
Les marges en sont d'autant réduites.
ENVIRONNEMENT ET ENERGIE
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