EXPO FRANCE GHANA 2004

 

SECTEUR MANUFACTURIER

Zone franche, incitations à l’exportation… Le Ghana voudrait que la diversification de son économie rime avec manufactures. En dehors du textile et de l’agro-alimentaire, les potentiels sont très variés, et les résultats inégaux.

Créer de la valeur ajoutée en transformant les ressources naturelles sur place, telle est la priorité des autorités. Dans un pays qui dépend de son or, de son cacao et de son bois, l’essor du secteur manufacturier (22 % du PNB) paraît plus vital que jamais. Les Initiatives spéciales présidentielles (PSI) lancées en 2001 par le chef de l’Etat, John Kufuor, n’ont pas d’autre ambition. Elles visent aussi à corriger un lourd déséquilibre géographique, en poussant à la création d’industries à l’intérieur du pays. Mais pour l’instant, l’essentiel de l’activité manufacturière du Ghana se concentre dans la vaste zone industrielle du port de Tema, à 20 kilomètres de la capitale.

Une usine textile qui ne tient qu’à un fil

Alors qu’elle pourrait être le fleuron de l’industrie ghanéenne, l’usine de Ghana Textile Products (GTP) fonctionne depuis plusieurs années dans une logique de survie. Cette filiale du groupe hollandais Vlisco, spécialiste mondial du pagne en wax, peine à réaliser des profits. Les 10 magasins Woodin, détenus par le groupe dans les principales villes du pays, ont beau être une adresse incontournable, l’usine de GTP, dans la zone industrielle de Tema, n’en reste pas moins un vestige d’une gloire passée. Le batik industriel (wax), un produit venu d’Indonésie et introduit en Afrique de l’Ouest par des commerçants hollandais à partir du Ghana, alors que le pays était encore un comptoir hollandais, est toujours aussi prisé. Mais le pouVoir d’achat se réduisant d’année en année, les consommateurs se tournent de plus en plus vers les produits bon marché, venus du Nigeria et d’Asie, parfois en contrebande.

"Si ce n’était pas le pouvoir d’achat, tout le monde serait en wax, déplore Gilles Moisan, le directeur général de GTP. Comme les Africains sont de plus en plus pauvres, on descend avec eux". Pour ce fin connaisseur de l’Afrique de l’Ouest, le processus de déclin ne date pas d’hier. "Les revenus tirés pendant la grande époque du cacao, dans les années 1970 et 1980, ont été divisés par 10. Nous tenons d’autant moins que nous nous heurtons à la fois au dumping et à la contrebande". Le commerce illégal a pris une telle ampleur que certains opérateurs ont menacé en décembre 2003 de quitter le Ghana.

Sur les 150 millions de yards de wax produits chaque année au niveau mondial, les usines de Vlisco, réparties entre la Hollande, la Côte d’Ivoire et le Ghana, en fournissent 50 millions. Sa qualité haut-de-gamme lui permet de vendre à un prix deux fois plus élevé que son principal concurrent, le groupe sino-britannique ABC. Cette production mondiale s’écoule à 95 % en Afrique de l’Ouest, où le plus grand consommateur demeure le Ghana, devant la Côte d’Ivoire et le Nigeria. "Le wax n’est pas fait pour être à la mode, explique Gilles Moisan. Ce tissu reproduit depuis des générations les mêmes dessins traditionnels, que les gens redemandent pour leurs cérémonies, baptêmes, mariages et deuils".

En 1994, Vlisco a repris les opérations de GTP, qui avaient été autogérées par ses ouvriers pendant les 12 années précédentes. La filature et le tissage emploient 1 200 personnes aujourd’hui, l’usine de textile 800 ouvriers et le réseau de distribution 170 permanents. L’essentiel du coton est importé du Mali, le Ghana ne produisant pas suffisamment (3 000 tonnes en 2002, contre 500 000 t au Mali et 600 00 t au Burkina). A elle seule, l’usine GTP reste lepremier consommateur d’eau du pays (5 % du total), mais elle ne tourne qu’à 50 % de sa capacité.

Les effets de la crise ivoirienne ont été relativement positifs, dans la mesure où des acheteurs ivoirens ont profité d’un taux de change favorable entre le franc CFA et le cedi pour venir faire leurs courses à Accra. "Rien de spectaculaire cependant, nuance Gilles Moisan. Si notre société mère nous demandait demain de lui rendre l’argent qu’on lui doit, tout serait fini, poursuit-il. Nous sommes en situation de liquidation depuis le début". La dépréciation de la monnaie nationale joue comme une entrave insurmontable. L’usine doit, en effet, régler en devises la plupart de ses intrants, coton, colorants et pièces détachées, pour récolter des recettes en cédis…

Les secteurs porteurs

Dans un pays vaste et fertile, l’agro-alimentaire s’impose comme une évidence. Les développements, là aussi, sont inégaux. Dans la filière bière, les Ghana Breweries Ltd (GBL) n’ont renoué qu’en 2003 avec les bénéfices. Entre janvier et septembre 2003, cette filiale détenue à 90 % par Heineken International a vu son chiffre d’affaires augmenter de 58 % et ses profits passer à 9,4 milliards de cedis (9 millions d’euros environ), contre des pertes de 3,6 millions au cours de la même période en 2002. La performance paraît d’autant plus remarquable qu’elle est allée à l’encontre d’une conjoncture défavorable, avec le perpétuel double jeu de la dépréciation du cedi et de la hausse de l’inflation.

Heineken a surtout recapitalisé GBL, en décembre 2002, à hauteur de 5 millions d’euros,tout en convertissant la dette de ce groupe coté à la Bourse d’Accra. GBL, dotée d’une capacité de production de 1,3 million d’hectolitres, produit la marque leader Star, mais doit compter avec la concurrence de Guinness et des Brasseries sud-africaines (SAB), deux brasseurs qui détiennent des unités de production dans le pays. L’une des plus grandes industries du centre du pays, Twifo Oil Plant Plantation (Topp), gérée depuis 1998 par le géant américain Unilever, actionnaire à hauteur de 50 %, a également redressé la barre. L’un des dérivés de l’huile de palme, le savon Keys, est un produit phare au Ghana. Si le cuir et l’ameublement font partie des potentiels à exploiter, l’activité industrielle, en croissance de 3,7 % l’an dernier,repose encore trop largement sur les mines et le pétrole.

 

 

LE GHANA ET LA CRISE IVOIRIENNE LES ENTREPRISES LA PRÉSENCE FRANÇAISE AGRICULTURE   MINES
EXPO GHANA 2004 ÉNERGIE TRANSPORT STATISTIQUES SECTEUR BANCAIRE FORMULAIRE INFORMATION

 

RETOUR PAGE D'ACCUEIL