EXPO FRANCE GHANA 2004

SECTEUR MINIER

 

Loin d’être sur le déclin, l’industrie minière ghanéenne tourne à plein régime. Outre le rachat d’Ashanti Goldfields Corporation (AGC) par le sud-africain Anglogold,d’autres investissements laissent présager d’un bel avenir.

Second producteur d’or en Afrique et 10ème au rang mondial, le Ghana est toujours aussi dépendant de sa rente minière. Pas de changement en vue : l’or devrait rester le premier poste d’exportation, avant le cacao et le bois. Le métal jaune représente 92 % de sa production minière et 92 % de ses recettes minières à l’exportation, soit $ 620 millions sur un total de $673 millions en 2002 (38 % des exportations totales du pays). Le secteur minier, qui contri-bue pour 6 % du PIB, emploie quelque 30 000 personnes. Avec $ 2,1 milliards, il a drainé 57 % de tous les investissements hors énergie réalisés entre 1995 et 2001, souligne le PEE français à Accra.

C’est dire son importance. Loin de se détacher du métal jaune, l’ancienne Côte d’Or a un peu plus lié son sort en 2003 au métal précieux, qui sera désormais largement exploité par des intérêts sud-africains.Après maints soubresauts et péripéties, Anglo-gold, la filiale aurifère de la grande maison minière Anglo American, a en effet conclu en octobre 2003 un accord portant sur le rachat, pour $ 1,4 milliard, des cinq mines d’Ashanti Goldfields Corporation (AGC). En d’autres termes, le groupe sud-africain dirigé par Bobby Godsell a fait main basse sur 43 % de la production ghanéenne, un total de 2,235 millions d’onces en 2002. Il est en passe de devenir, du même coup, le leader mondial incontesté de l’or.

Déjà présent, Goldfields, un autre groupe sud-africain (23 % de la production d’or ghanéenne), a prévu de son côté d’investir $ 560 millions dans les mines de Tarkwa et Daman. Quant à Newmont, actuel numéro 1 mondial sur le marché de l’or, il a annoncé en décembre 2003 son intention d’investir $ 350 millions pour sa mine d’Ahafo, afin d’en tirer, à partir de la mi-2006, quelque 500 000 onces par an.

Bauxite, manganèse et diamants aussi

Ces trois minerais restent marginaux. Bauxite et manganèse ne représentent respectivement que 3% de la production minière totale du pays, les diamants comptant encore moins (2 %). Alluviaux, les diamants sont destinés à un usage industriel. Ils sont exploités par deux sociétés, la Ghana Consolidated Diamond (GCD) et Private Diamond Winners (PDW). Leur production s’élève à 940 586 carats en 2002, pour des recettes de $ 15 millions. Des pierres de meilleure qualité, des kimberlites comparables à celles de l’Afrique du Sud ou du Botswana, susceptibles d’aller à la joaillerie, n’ont pas encore été trouvées.

Unique opérateur sur son créneau, la bauxite, la Ghana Bauxite Company (GBC), filiale à 80 % du groupe canadien Alcan, visait le million de tonnes en 2002, contre 700 000 t en 2001. Le résultat a été décevant, avec 647 230 t et $ 16 millions de recettes. La mine d’Awaso, à 40 Km au Nord-ouest d’Accra, fournit l’essentiel de la production, ensuite acheminée par le rail jusqu’au port de Takoradi. La bauxite ghanéenne est exportée en Grande-Bretagne, au Canada, ainsi qu’en Ukraine et en Irlande. Quelque 1,13 million de tonnes de manganèse ont été extraites du sous-sol ghanéen en 2002, un volume qui a doublé par rapport à 1998. Ce marché représente $ 22 millions, et il est aux mains de la Ghana Manganèse Company (GMC).

 

 

 

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